20 novembre 2018 Actualités

Berdoulet, Guilluy et Sato, le trio des Alchimistes du made In-Seine-Saint-Denis

Sur l’Ile-Saint-Denis, cette triplette d’ambassadeurs s’est associée pour recréer de la biodiversité et faire prospérer de l’agriculture urbaine en réhabilitant une friche industrielle.

Mon premier est un ex-logisticien des terrains de guerre et de catastrophes naturelles pour Médecins du Monde, mon second est un polytechnicien, diplômé de science-politique. Enfin, mon troisième est un ancien élève d’école de commerce parti un temps habiter et travailler dans une favela de Rio puis à Calcutta pour les enfants des rues. Le tout et dans l’ordre d’apparition -Stéphane Berdoulet, Fabien-Kenzo Sato, Alexandre Guilluy- représente trois des quatre co-fondateurs des « Alchimistes », une jeune start-up qui œuvre au quotidien à collecter et composter les déchets organiques en ville avec l’objectif d’y réintroduire une large touche de vert et de biodiversité.

L’économie sociale et solidaire en partage

Un trio d’ambassadeurs du Made In-Seine-Saint-Denis qui a croisé ses envies et aspirations écologiques en fréquentant le Phares, la structure, qui sur l’Ile-Saint-Denis, regroupe plus d’une quinzaine de spécialistes de l’économie sociale et solidaire (ESS). La suite est racontée par Fabien-Kenzo Sato : « Après avoir travaillé dans des structures de l’ESS comme le Groupe SOS ou l’Union sociale pour l’habitat, je me suis installé au Phares comme conseil en activités ESS et la connexion s’est faite entre nous sur l’envie de créer une activité économique de marché pour faire de l’insertion.»  En 2016, les Alchimistes naissent donc sous la férule d’Halage, autre pensionnaire du Phares. A l’Ile-Saint-Denis, l’association dirigée par Stéphane Berdoulet fait de l’insertion depuis 1994 sur des chantiers d’espaces verts. Son leitmotiv est simple : «Réhabiliter les humains en réhabilitant les friches. » Un credo qui plait à Fabien Kenzo-Sato, franco-japonais « élevé à Villiers-sur-Marne, juste en face de Noisy-le-Grand et de la Seine-Saint-Denis » qui, il y a quelques années, a renoué avec ses ascendances asiatiques en pratiquant le wwoofing -un système d’éco-volontariat (1) au sein d’un réseau international de fermes-sur l’île japonaise de Kyushu. Voilà pour les racines de la triplette des Alchimistes, ne reste plus alors qu’à trouver un terreau favorable à son idée de « faire des déchets une ressource » en organisant leur traitement en milieu urbain sur un modèle de circuit court. Le trio de quarantenaires la trouvera un pont plus loin que les 1350 m2 qui abritent les pensionnaires du Phares : au bout du pont d’Epinay-sur-Seine sur un vaste terrain appartenant au Conseil Départemental, ancienne base logistique d’une entreprise de travaux publics.

«Etre ambassadeur du In, c’est porter le message du dynamisme et du potentiel de la Seine-Saint-Denis. C’est aussi changer le regard sur ce département bien trop mal considéré, relever la tête et c’est ce qu’on va faire en faisant revivre ce petit morceau de l’Ile-Saint-Denis et de la Seine-Saint-Denis. » Stéphane Berdoulet, directeur de l’association Halage.

Depuis le début de ce mois de novembre, ce site de 3,6 hectares a commencé à être réhabilité en un espace exemplaire de biodiversité : son nom le projet LIL’Ô –lire ici. Une entreprise écologique qui donne pour la triplette des Alchimistes toutes leurs lettres à leur mission d’ambassadeurs du In-Seine-Saint-Denis : «Etre ambassadeur du In, c’est porter le message du dynamisme et du potentiel de la Seine-Saint-Denis. On représente de belles valeurs d’humanité, de solidarité et de refus du fatalisme, synthétise Stéphane Berdoulet. C’est aussi changer le regard sur ce département bien trop mal considéré, relever la tête et c’est ce qu’on va faire en faisant revivre ce petit morceau de l’Ile-Saint-Denis et de la Seine-Saint-Denis. »

Frédéric Haxo

(1) Le wwoofing est développé par le World-Wide Opportunities on Organic Farms, un réseau mondial de fermes biologiques.