Montreuil : Un food-truck de fromages solidaire !

« Le fromage suspendu, c’est la possibilité pour les clients d’acheter des fromages, destinés à des personnes qui n’ont pas la possibilité de s’en offrir »,

explique Eric Legros avec entrain. « Le principe vient du café suspendu en Italie, où vous pouvez acheter deux cafés : un que vous consommez, et un autre que vous laissez pour quelqu’un que vous ne connaissez pas. » Ainsi, dans le camion d’Eric Legros, une dizaine de fromages offerts patientent, en attendant d’être dégustés par n’importe qui dans le besoin.

 

« On a un besoin de se retrouver, de refaire du lien social »

Cela fait un an que cet ancien éducateur spécialisé originaire du nord de la France a pris ses quartiers sur la place de la Fraternité, à Montreuil. « Mon projet c’est d’occuper un lieu, de fraterniser. C’est pour ça qu’au delà d’une crémerie et d’une fromagerie, c’est également un bar à fromage qui permet aux habitants de se poser dans un bel endroit qui pour le moment n’était pas occupé pleinement ». En effet, le food-truck d’Eric Legros n’est pas seulement un lieu de passage, mais également un endroit où s’asseoir autour de l’une des petites tables colorées placées devant le camion, pour boire un café, manger du fromage, et discuter. « Le fait de pouvoir se poser plait aux gens. On a un besoin de se retrouver, de refaire du lien social. C’est lié à mes métiers précédents, car finalement, ici, le fromage est un support pour la relation, pour l’échange et le dialogue », nous explique t-il.

En complément de son fromage suspendu, Eric Legros organise deux fois par ans des banquets fraternels avec le centre social du quartier des Coutures, et l’antenne de quartier de la ville de Montreuil. L’occasion de faire se rencontrer ceux qui ont offerts, et ceux qui ont reçus les fromages. « On ne veut pas que ce soit comme l’abbé Pierre », précise t-il, « les bénéficiaires n’apprécieraient pas. C’est festif, un banquet que tout le monde partage, un moment où on se pose, on parle, sans distinction sociale ».

Pourquoi le fromage ? « J’ai choisi un produit qui est fédérateur et qui nous identifie bien en France. C’est une passion. Ici, le fromage ca fait un peu franchouillard mais sans être excluant. C’est un produit convivial, associé à des choses positives et agréables, des moments de fête, où on se retrouve en famille entre amis. » A 52 ans, Eric Legros n’a rien perdu de sa fibre sociale, au contraire. Il est même un peu surpris que l’on s’intéresse autant à son activité. « J’ai bonne presse depuis que j’ai ouvert car mon projet semble intéressant, mais je suis surpris, car ce que je met en place ce n’est pas compliqué ! Ca mériterait d’être généralisé. J’y mets de ma poche parfois avec des fromages, mais ce n’est pas ça qui va mettre en péril l’entreprise ! C’est par la solidarité qu’on arrivera à s’en sortir, on le sait, donc il faut maintenant passer à l’acte ! »

Place au Fromage, Place de la Fraternité à Montreuil. Du mardi au dimanche matin, 10h à 14h et 17h à 21h. www.placeaufromage.com

Constance Bloch

Paris et la Seine-Saint-Denis ont les Jeux 2024 !

 

Il était 13h05 à Lima et 20h05 en Seine-Saint-Denis quand les membres du CIO ont attribué les Jeux 2024 à la capitale française. D’un commun accord, selon ce qui avait été conclu au cœur de l’été, l’édition 2024 va donc à Paris et à la Seine-Saint-Denis, tandis que celle de 2028 sera organisée par Los Angeles.

Dans le centre des Congrès de Lima, dans le quartier de San Borja, toute la délégation tricolore s’est congratulée. Parmi eux Stéphane Troussel, le président du Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis, Sarah Ourahmoune, vice-championne olympique de boxe à Rio et qui a grandi à Aubervilliers ou encore Nantenin Keita, championne paralympique sur 400 m à Rio et dont une partie de la famille vit à Montreuil.

Engagés aux côtés du comité Paris 2024 et de la ville de Paris depuis 3 ans maintenant pour que cette candidature soit enfin la bonne, les représentants de la Seine-Saint-Denis ne se privaient pas de savourer l’instant.
« C’est un moment historique », soulignait Stéphane Troussel. « Ces Jeux vont être un fantastique moment de fête, mais ils vont aussi être un formidable accélérateur de développement pour notre territoire ». Avec le village olympique à l’Ile-Saint-Denis, le village des médias à Dugny-Le Bourget, le Stade de France, le centre nautique à Saint-Denis, les épreuves de volley-ball, badminton et tir au Bourget et le water-polo à Marville, la Seine-Saint-Denis va en effet être l’épicentre de ces Jeux.

Ce qui suppose pour ce département en plein boom démographique une double opportunité : celle de montrer au monde entier sa jeunesse, son métissage et son dynamisme quand il est d’ordinaire réduit aux faits divers dans l’opinion publique. Et celle d’accélérer son développement en termes d’infrastructures. Soucieux de ne pas créer des équipements qui ne serviraient que pour la quinzaine olympique, le projet tricolore a en effet accordé une grande attention à la notion d’héritage.

Transports, logements, équipements sportifs, emploi : dans tous des domaines, les Jeux en Seine-Saint-Denis devraient en effet avoir des retombées positives durables. Les lignes 16 et 17 du Grand Paris Express, prévues pour 2023-2024, devraient ainsi arriver en temps et en heure, le village olympique et le village des médias seront reconvertis au total en 4500 logements dont une bonne partie de logements sociaux. Et de nombreux gymnases et terrains de sport devraient être rénovés dans la perspective des JO.

Désormais, une autre période s’ouvre pour Paris et la Seine-Saint-Denis : durant les sept ans qui restent, il s’agit d’organiser au mieux cet événement planétaire et de mûrir l’après-Jeux. Ça commence dès maintenant.

 

Christophe Lehousse