25 septembre 2018 Actualités

« Les jeunes n’ont plus peur de dire qu’ils viennent de Seine-Saint-Denis ! »

Aventurier et ambassadeur du « In », Steven Le Hyaric a traversé l’Himalaya népalais à vélo en 51 jours au printemps. Une première aventure avant d’autres pour démontrer qu’il n’est « pas interdit de rêver. » Interview.

Ex-pensionnaire du Club Cycliste Courneuvien, Stéven Le Hyaric, 32 ans, a réalisé ses « Rêves d’Himalaya » au printemps, le nom de son projet qui consistait à rouler à vélo travers l’Himalaya népalais, soit 2000 kilomètres le long du Great Himalaya Trail, la trace la plus haute au monde, avec 20 cols à plus de 5000 mètres à franchir. De quoi devenir un ambassadeur du « In » qui rêve tout haut pour « sa » Seine-Saint-Denis.

-Depuis peu, vous êtes devenu ambassadeur du « In », quel sens donnez-vous à votre engagement ?

Stéven Le Hyaric. C’est assez simple, c’est dans la suite logique de mon parcours, j’ai été élevé à la Courneuve, j’ai été à l’école dans cette ville, j’y ai aussi fait du sport au Club Cycliste Courneuvien et puis j’ai poursuivi mon chemin en allant à la découverte du monde. Donc, j’avais envie de devenir un ambassadeur de valeurs, de montrer qu’il est possible de venir de Seine-Saint-Denis et de réussir des projets. Ce qui me frappe dans ce département, c’est que les jeunes disent encore très souvent « j’ai envie de m’en sortir » alors qu’ailleurs les gens disent plus souvent « j’ai envie de réussir »… Moi, je veux changer ça, on peut réussir des choses tout en étant en Seine-Saint-Denis. Et la diversité des profils des ambassadeurs du « In » le démontre bien…

-Vous travaillez en ce moment à monter un projet pour emmener dix jeunes de la Courneuve dans l’Himalaya, est-ce que vous trouvez que les jeunes actuels en Seine-Saint-Denis ressemblent à celui que vous étiez ?

Stéven Le Hyaric. Je trouve que c’est une jeunesse qui ose plus, d’abord parce qu’elle n’a plus peur de dire qu’elle vient de Seine-Saint-Denis. Sûrement parce qu’il y a de plus en plus de jeunes du 93 qui travaillent à Paris, qui sont ingénieurs, chercheurs, profs et qui n’hésitent pas à porter la parole de la Seine-Saint-Denis. L’exemple le plus marquant, c’est Kylian Mbappé, il vient de Bondy, c’est un pur produit de la Seine-Saint-Denis et il ne correspond pas du tout aux mauvais clichés que certains collent aux jeunes du département : c’est le plus érudit, celui qui parle le meilleur français. Et des Kylian Mbappé, il y en a beaucoup d’autres en Seine-Saint-Denis, dans tous les domaines.

-Revenons à vous et à vos prochains projets : ce sera un film et une nouvelle aventure « extrême » ?

Stéven Le Hyaric. Oui, mais il y a d’abord le projet d’emmener 10 jeunes de La Courneuve au camp de base de l’Himalaya. J’espère pouvoir le faire dès 2019, c’est en discussion, ça va avancer petit à petit. L’enjeu, c’est le financement. Les jeunes que j’emmènerai avec moi auront tous les profils : étudiants, déjà actifs, un scientifique, une apprentie-comédienne… Et pas forcément besoin d’être au fond du trou pour partir.  Ce que je veux, c’est que chacun s’apporte mutuellement. Et démontrer que l’aventure n’est pas forcément un truc réservé aux riches. Pour ce qui est du livre, il devrait sortir pour Noël : je le veux pédagogique pour expliquer pourquoi je fais ça, quel sens je mets dans mes aventures. Après, le film dans son format 12 minutes est déjà prêt. Il y aura bientôt un 26 mn puis un 52 mn que je veux vendre aux chaînes télé.

-Et donc pour finir, la prochaine aventure en solo, ce sera quoi ?

Stéven Le Hyaric. Ce sera le 666 project, 6 déserts traversés sur 6 continents en 6 mois : le Sahara, l’Atacama, Gobi, le désert d’Islande, le désert australien et l’Antarctique. Je vais continuer à me battre contre moi-même et pas contre les autres avec l’envie de partager ce que je fais et de mettre un peu de bienveillance dans ce monde.

Entretien réalisé par Frédéric Haxo