29 mai 2018 Actualités

Quand le football fait son festival

Du 9 juin au 5 août, les Magasins généraux à Pantin créent l’évènement autour de l’anniversaire des 20 ans de la victoire de l’équipe de France en Coupe du Monde, dans une actualité forte avec la Coupe du Monde en Russie. Le ballon rond vase mettre dans tous ses états au bord de l’Ourcq. Eugénie Lefebvre, directrice du lieu, ambassadrice du In Seine-Saint-Denis, nous dessine le futur terrain d’expression artistique et de jeu conçu avec son équipe.

Entretien avec la meneuse de jeu du projet, Eugénie Lefebvre, directrice des Magasins généraux.

 

– Par amour du jeu 1998 – 2018, c’est une exposition et un festival autour du foot et de la création, mais ce sera aussi un coup d’envoi…

 

C’est en effet un point fort, l’inauguration de notre première saison culturelle.

Les Magasins généraux, nom originel du bâtiment, est désormais le nom de la marque créée par BETC afin de porter des projets et des produits culturels de toute formes confondues.

Avec les commissaires des Magasins généraux, Anna Labouze et Keimis Henni, nous avons cherché un sujet à la fois fédérateur et populaire. Le football nous a alors semblé évident, il a une place de choix sur le territoire pantinois et séquano-dionysiens et s’avère être un véritable phénomène culturel et de société, surtout depuis la victoire des Bleus en 1998. Il est également vecteur et levier de création, il a été et demeure encore aujourd’hui, une source d’inspiration folle pour les artistes.

C’est doncà l’occasion des 20 ans du titre mondial de l’équipe de France et de l’actualité forte avec Coupe du monde en Russie que les Magasins généraux vont explorer pendant presque2 mois les liens entre création, football et société.

 

-Donc, ça n’a rien d’un évènement réservé aux seuls aficionados du foot ?

 

Bien au contraire !

Par amour du jeu 1998- 2018 s’adresse bien entendu aux fans de foot, aux inconditionnels, aux nostalgiques d’un moment sportif et populaire forts, mais pas uniquement.

L’exposition d’art contemporain conçue par nos commissaires rassemble le travail de pas moins de 35 artistes internationauxaussi bien connus qu’émergents.

Nous allons explorer des œuvres qui ont été inspirées par cette discipline, des œuvres souvent peu ou pas connues du grand public (sculpture, dessin, photo, peinture, installations vidéo…)créés et produites entre 1998 et 2018.

Pour ne citer qu’un exemple, le peintre Stéphane Pencréac’h termine actuellement untriptyque monumental sur la finale de la Coupe du monde 2006 spécialement pour notre exposition, comme10 autres créations originales, par de jeunes artistes, encore, au moment où je vous parle, en cours de production.

En plus de l’exposition, il y aura aussi un festival sur la place de la Pointe – mise à disposition par la Ville de Pantin–sur laquelle vous trouverez pendant toute la durée de la Coupe du Monde (9 juin au 15 juillet) : un terrain de street footballprofessionnel, des tournois, un écran géant, des projections, des rediffusions de matchs de la Coupe du monde, un cycle de conférences et rencontres, de quoi se restaurer et ou prendre un verre au bord du Canal de l’Ourcq… c’est toute cette  richesse et diversité de programmation, son cadre géographique en période estivale qui viendra toucher une large audience.

Un public de proximité bien sûr, un public jeune, les amateurs d’art ou d’expositions, des personnes à la recherche de nouvelles offres culturelles, des endroits de vie où passer un bon moment…Nous avons pensé que chaque élément qui compose cet événement est une porte d’entrée possible.

 

-Comment allez-vous explorer le phénomène social qu’est devenu le football moderne ?

 

Le travail de recherche des commissaires nous permettra de partir à la découverte de toutes les facettes que le phénomène foot soulève et notamment au-travers des œuvres et des artistes sur la période de 1998-2018. Les œuvres sont le reflet de la société et le miroir de l’évolution de la société et du foot sur ces 20 dernières années.

 

Le phénomène social du foot sera traité à l’aide de 11 rencontres.

Le foot étant le point de départ de ces rencontres, les commissaires ont tissé une trame de sujets à aborder, tels que : le foot et les femmes, à la communauté LGBT, les ultras, l’arbitrage avec notre grand partenaire La Poste, qui s’engage aux côtés des arbitres, mais aussi le foot et l’art, la jeunesse, le pouvoir et enfin, nous viendrons clore ces rencontres avec la question « quel football pour demain » ?

Nous sommes accompagnés sur ces rencontres d’experts qui interviennentcomme par exemple l’ethnologue Christian Bromberger, pour aborder le phénomène des supporters.

On parlera aussi d’argent avec des économistes ou des agents actifs sur le marché du foot.

Au total 11 rendez-vous public donc, sur la Place de la Pointe. Tout le challenge est de rendre ces débats accessibles, et on a veillé à cela.

Notre cahier des charges est d’être exigeants dans nos contenus mais aussi pop et attrayants dans nos formats !

 

-Et qu’en est-il côté festif de l’évènement ?

 

On ne l’oublie évidemment pas ! la convivialité est au cœur de notre projet, l’objectif principal de Par amour du jeu 1998-2018 est bien d’être un lieu de rencontres autour du foot. Le ballon rond est un point d’entrée pour que se croisent des amateurs de culture, comme ceux qui sont peut-être plus attirés par le foot mais en profiteront pour écouter une conférence sur le business dans le foot ou se plongeront dans les diverses œuvres exposées.

À côté de cela, on a travaillé avec les Pantinois, avec les Maisons de quartier, les Centres de loisirs, la Maison des associations, les antennes jeunesse et les centres scolaires et périscolaires… pour que l’évènement ne reste pas à la porte des habitants de la ville et que les acteurs culturelsdu territoire soient aussi impliqués (la Ville de Pantin bien entendu, le festival Côté Court, les Ateliers Médicis, l’Eté du Canal, le Médialab 93…), mais aussi les acteurs sportifs comme le Centre multisports de Pantin et l’Olympique Football Club de Pantin.

Plus globalement nous avons conçu un partenariat d’envergure avec le mythiqueclub de football le Red Star, dont les valeurs et l’adn sont très proches de Par Amour du Jeu 1998 – 2018 notamment concernant leur implication sociale, culturelleet en Seine Saint-Denis.

Toutes ces rencontres et démarches nous permettent aussi de toucher plus largement des habitants de Seine-Saint-Denis.

L’artiste François Parmentier réalisera par exemple un atelier de tifos(banderoles de supporters)avec des élèves des écoles et des centres de loisirs de Pantin (les mercredis, samedis et dimanches).

L’idée, c’est d’avoir un lieu très ouvert. On va créer l’ambiance d’un vrai festival en animant la Place de la Pointe, devant les Magasins généraux, avec des tournois de street-football ou des ateliers qui seront animés par des entraîneurs, des joueurs de l’Olympique FC de Pantin ou du Club Multi-Sports de Pantin, mais aussi du Red Star.

 

 

-Créer l’évènement autour de la Coupe du Monde, c’est aussi « positionner » les Magasins généraux comme un lieu de destination et de culture dans le Grand Paris ?

 

C’est en effet une ambition que nous assumons et revendiquons, proposer au plus grand nombre un lieu de création ouvert et convivial, qui aborde la culture sous un angle nouveau, avec des acteurs publics et privés impliqués pleinement dans nos projets.

Pour cette première saison, à travers le foot, qui est un thème fédérateur, on souhaite qu’un maximum de personnes se sentent ensuite invitées et reviennent régulièrement aux Magasins généraux, que ce lieu devienne un centre de gravité culturel dans le Grand Paris.

 

-C’est ce qui fait des Magasins généraux, en quelque sorte, une vrai « vaisseau amiral » du In-Seine-Saint-Denis ?

Oui, d’ailleurs dès le lancement de la marque du « In » en 2016 aux Magasins généraux, nous avons eu le désir d’y participer et de contribuer activement à ce territoire de la Seine-Saint-Denis qui contribue largement à l’effervescence du Grand Paris.

Nous nous efforçons, tout comme le In Seine-Saint-Denis, etde manière forte, à appuyer le développement du Grand Parisen inventant de nouveaux types d’objets culturels qui aient un sens, une utilité sociale aussi, qui soient innovants à la fois dans le fond, mais aussi dans leur forme.

D’ailleurs, beaucoup des artistes qui vont exposer lors de Par amour du jeu 1998 – 2018 habitent et créent en Seine-Saint-Denis. Les Magasins généraux s’inscrivent dans la même démarche en créant à Pantin autant un lieu de vie qu’un lieu d’expérimentation créative et culturelle.

 

-Vous y croyez d’autant plus que vous êtes Pantinoise depuis quelques années…

Oui, depuis cinq ans, j’habite tout près des Magasins généraux et c’est incroyable de voir comment cette ville bouge au fil des saisons et des évènements, comment le canal brasse un monde incroyable le week-end.

Rien qu’un exemple, la Braderies de la mode organisée au profit de l’association Aides, depuis 15 ans le 10ème arrondissement de Paris par BETC, a battu des records de fréquentation et de donations pour l’association depuis notre installation aux Magasins généraux.

Désormais, il faut continuer à rompre la barrière mentale que constitue encore le périphérique en créant justement l’évènement,en donnant aux gens du Grand Paris l’envie d’aller voir ce qui se passe du côté de la Seine-Saint-Denis.

Entretien réalisé par Frédéric Haxo

 

PAR AMOUR DU JEU 1998 – 2018, EN TROIS PASSES DECISIVES

 

Proposer des « évènements qui ne se voient nulle part ailleurs », c’est toute l’ambition des Magasins généraux qui lancent leur première saison culturelle cette année sur le site de l’ancien « grenier de Paris » à Pantin,rénové et investi en 2016 par l’agence de publicité BETC.

Depuis février dernier, les Magasins généraux se dotent d’une programmation culturelle ambitieuse,après l’édition du guide à destination des grands parisiens en collaboration avec l’équipe d’Enlarge your Paris. Ce nouveau lieu de création fondé par l’agence BETC inaugure sa toute première saison culturelle : Saison #1 Football général Par amour du jeu 1998-2018que le public pantinois, grand-parisien, touristes et tous les curieux pourront découvrirdu 9 juin au 5 août prochain.

Une exposition d’art contemporain amplifiée d’un festivalse tiendront dans les Magasins généraux et sur la place de la Pointe devant le bâtiment, au bord du Canal de l’Ourcq.

-Où et quand ?

Inauguration le samedi 9 juin de 14 h à minuit au 1 rue de l’ancien canal à Pantin.

Ouverture du 10 juin au 5 août, tous les jours, de 11h à 20h.

 

-Visites guidées :

Du 10 juin au 5 août, tous les jours, de 11h à 20h.

 

-Plus d’infos sur : www.magasinsgeneraux.com