16 novembre 2016 Revue de presse

Saint-Denis : dans cette épicerie, le client est aussi le vendeur

Par Florian Niget, pour le Parisien, 15 novembre 2016

Dans cette épicerie pas comme les autres, ce sont les « clients » qui s’occupent de tout. Ils commandent les produits avant de les mettre eux-mêmes en rayon. Et puisqu’il n’y a pas de caisse, c’est aussi à eux de facturer leurs propres achats. La Diony Coop est une coopérative alimentaire autogérée. Et l’expérience est une réussite.

Près de 350 familles fréquentent désormais ce lieu ouvert au printemps 2015 dans un local de 80 m2 rue de la Ferme, dans le quartier Mutuelle. Il suffit pour y avoir accès de verser une participation financière de 20 € par an, destinée à couvrir les frais de fonctionnement. Signe du succès rencontré par l’initiative, un deuxième espace de vente de 60 m2 vient d’ouvrir dans le quartier Bel Air, face au lycée Suger. En attendant un troisième près de la gare en 2017 et peut-être un autre à la Plaine dans la foulée. « La ville compte 110 000 habitants mais aucun magasin bio. Le potentiel économique ne serait pas suffisant. Nous avons pensé : si personne ne se lance, faisons-le ! », explique Jean-Claude Richard, l’un des coopérateurs dionysiens.

Sur les rayons de la boutique, pâtes, café, farine, vin, savon… (LP/F. NI.) Des produits bio à prix raisonnable

Dans les boutiques de la Diony Coop, pas de produits frais, mais un millier de références. Du bio, mais pas seulement. « Il s’agit de permettre aux gens de Saint-Denis de manger des produits de qualité à des prix raisonnables », résume Jean-Claude Richard. La coopérative s’approvisionne toutes les trois semaines auprès de grossistes. Elle fait également appel à une quarantaine de petits producteurs, et revend en effet les pâtes, farines, cafés, vins et autres savons au prix d’achat. Pour en profiter, les membres déposent au préalable de l’argent sur un compte à leur nom.

« Je ne suis pas spécialement consommateur de produits bio au départ mais le concept de l’épicerie autogérée me plaît : ici il n’y a pas d’intermédiaire qui s’en met plein les poches », confie Nicolas. L’étudiant de 25 ans est arrivé récemment en région parisienne. Comme les autres coopérateurs, il s’implique activement pour faire vivre le lieu, en assurant l’accueil les jours d’ouverture.

Christine a trouvé dans la Diony Coop « une énergie collective, l’envie de faire des choses ensemble ». « Nous nous associons pour assurer un revenu décent au producteur et soutenir la filière bio. C’est aussi un lieu d’échange où se crée du lien social. Ce n’est pas le supermarché classique où l’on se rend sans réfléchir », souligne cette éducatrice pour enfants de 40 ans. Entre les membres s’est créée une chaîne de solidarité. « On se donne des coups de main, des bons plans. La nourriture est l’élément fédérateur autour duquel se greffent plein d’autres choses », confirme Jean-Claude Richard.

Au 2, rue de la Ferme le lundi (12-14h, 18-21h), jeudi (18-21h) et samedi (10 h 30-13 h 30). Au 6, place du Bel Air le mardi (18 h 30-20 heures) et samedi (10 h 30-13 heures). Contact : barijo@wanadoo.fr.