A Bagnolet, la Coop7 ou l’entreprenariat puissance 9…

L’espace de trois mois jusqu’à la fin de l’année 2019, cette coopérative éphémère de jeunes entrepreneurs expérimente l’art d’entreprendre en équipe. Et se forge un réseau IN-Seine-Saint-Denis. Reportage.

L’ambiance est studieuse, ce mercredi de novembre, au 7 rue Sesto Fiorentino, un rez-de-chaussée du quartier de la Capsulerie à Bagnolet où la « Coop7 » a pris ses quartiers jusqu’à la fin de l’année. Derrière ce vocable chiffré, on trouve une coopérative éphémère de jeunes entrepreneurs qui ont en commun l’envie d’apprendre et de créer leur activité économique. Envies testés en conditions réelles pendant trois mois dans le cadre du dispositif de la « Coopérative de Jeunes Majeurs » –lire notre encadré.

En levant un instant la tête de son ordinateur portable où elle s’applique à coordonner un prochain évènement de la Coop7, Naomi Crétinoir, une des « coopérantes », commente dans un grand sourire : « C’est un dispositif que je ne connaissais pas du tout avant que la Mission Locale pour l’emploi de Montreuil, ne m’en parle. Et franchement, je ne regrette pas ! »

Tout juste sortie d’un parcours universitaire qui l’a vu cumuler licences en arts plastiques et en information-communication, additionné à un Master en Management et Marketing du Luxe et de la Mode, la jeune Montreuilloise de 26 ans a le projet de fonder son « agence en communication évènementielle. Et là, ce qui est génial, c’est que je peux expérimenter la gestion de projet et le travail en équipe de manière très concrète. »

Son prochain projet, elle est justement en train de l’échafauder sur l’écran de son portable : « Ce sera un Meet’up (1) qui fera se rencontrer les jeunes de Bagnolet ou d’ailleurs et des artistes de la Seine-Saint-Denis. Ils viendront leur parler de leurs parcours respectifs. Et aussi participer à des ateliers, d’écriture par exemple pour une auteure. Ce sera un moyen de motiver les jeunes dans leurs études avec des expériences positives. »

« Se sentir moins seul… »

Côté logistique de l’évènement, on retrouvera la Montreuilloise Cherilyne Delva, 30 ans, qui officie le jour de notre visite juste en face de Naomi. Après des expériences dans le monde de la petite enfance et le secrétariat, cette toute jeune mère de famille projette de se lancer dans l’aventure d’une boutique où l’on trouvera « aussi bien des jus bio que des vêtements faits en toile de wax, du côté de Montreuil pourquoi pas. L’avantage de la Coop, c’est que j’en profite pour me créer un réseau en multipliant les contacts via les évènements que la Coop7 organise. »

Depuis ses débuts en octobre dernier, la structure qui rassemble neuf coopérateurs -tous issus de Seine-Saint-Denis- a ainsi organisé son évènement de lancement, participé le 1er décembre à la Balade de Noël des Consom’Acteurs à La Cité Fertile de Pantin en y ouvrant un stand de petite restauration. Ou encore détaillé ses activités lors d’un « Apéro inspirant » à la Maison Montreau de Montreuil, ambassadrice du IN. « Le point commun de tous ces projets, c’est qu’on agit en équipe, on se soutient au quotidien, tout en améliorant nos connaissances sur l’entreprenariat », apprécie Cherilyne.

Le tout en bénéficiant de l’appui de deux animateurs d’Etudes et Chantiers Ile-de-France, une association oeuvrant dans les secteurs de l’éducation populaire et de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS) qui coordonne les diverses facettes de la Coop7 avec Coopaname et Le Phares, deux autres structures liées à l’ESS.  « Nous sommes là pour être des facilitateurs de leurs projets, expose Johanna l’une des deux membres d’Etudes et Chantiers. On crée aussi du lien avec les partenaires du projet comme l’agglomération Est-Ensemble et on les aide à faire émerger leurs activités économiques avec bien sûr l’objectif qu’ils soient autonomes en fin de coopérative. »

Une démarche que Naomi Crétinoir juge « rassurante, parce que ça fait peur de se lancer toute seule. Et puis s’appuyer sur l’expérience de Johanna dans le montage de nos projets nous permet de rencontrer une multitude d’acteurs du territoire et nous montre qu’il y a une énergie créative en Seine-Saint-Denis. Ça nous booste ! »

Enfin, chacun des neuf coopérants aux projets très divers (agence de communication événementielle, institut de beauté itinérant, épicerie solidaire, snacking de spécialités afro-caribéennes, projet de boxes adaptés au régime alimentaire…) sera peut-être un jour amené à compter sur l’autre : « C’est certain, je garderai le contact avec Naomi, promet Cherilyne. Un jour ou l’autre, j’aurais besoin d’elle pour faire la com’ de ma future boutique ! »

Frédéric Haxo

(1) Suivez l’agenda et l’actualité de la Coop7 sur www.instagram.com/coopsept/

Un tremplin professionnel

Une Coopérative de Jeunes Majeurs permet aux jeunes de 18 à 30 ans issus majoritairement des Quartiers Prioritaires de la Ville (QPV) de se former à l’entrepreneuriat coopératif sur une période de 3 mois. Accompagnés par au moins un animateur et soutenus par un réseau d’acteurs du territoire, les jeunes construisent collectivement des activités économiques coopératives, tout en développant leur propre activité économique. Chacun des participants à la Coopérative signe un contrat CAPE (Contrat d’Appui au Projet d’Entreprise) lui permettant de bénéficier d’une protection sociale et de continuer à bénéficier d’indemnisation Pôle Emploi ou RSA.

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