À la Fabrique Pointcarré, la nuit des mille-et-IN-trouvailles..

Ambassadeur du In-Seine-Saint-Denis, la fabrique dionysienne accueillait les 17 et 18 novembre la première « Nuit du design sportif ». Vingt-quatre heures pour transformer du matériel sportif promis au rebut et le recycler en objets originaux made IN 93.

Intérieur nuit le 17 novembre à la Fabrique Pointcarré de Saint-Denis… Il est 18 heures, à deux pas du Stade de France, future antre des Jeux de 2024, une montagne de matériel sportif en tous genres s’accumulent sur quatre tables : balles de tennis, casquettes, bâtons de relais, roues de vélos, baudriers d’escalade, casques de vélo un peu défraichis…

Face à ces tables, quatre équipes prêtes à mixer cet inventaire à la Prévert pour inventer de nouveaux objets sportifs made In Seine-Saint-Denis… Le tout en 24 heures chrono sous la houlette de quatre encadrants de l’atelier d’insertion, installé depuis 2016 dans un ancien garage du centre de Saint-Denis.

Voilà, en résumé, le défi relevé, entre vendredi 17 et samedi 18 novembre par une douzaine d’explorateurs du design et du recyclage, le temps d’une première « Nuit du design sportif ».

Une idée originale proposée par l’équipe d’Elie Préveral, créateur de la Fabrique Pointcarré, une boutique-atelier d’insertion où le recyclage est roi et le leitmotiv quotidien très simple : « Produire sans bla-bla et greenwashing des objets utiles, beaux, écologiques et solidaires ». Du coup, on vous résume l’évènement sans trop de bla-bla, mais avec au moins le b.a.-ba à retenir de cette nuit pas comme les autres made In Seine-Saint-Denis.

LA FSGT 93, LA PLUS PROLIFIQUE…

Avant de mettre les concurrents sur la ligne de départ de cette première nuit du design sportif, il fallait compter sur la force de la FSGT 93, ses 180 clubs,

11 000 adhérents et partenaires sportifs pour récupérer tout un lot de déchets sportifs destinés à la poubelle. « Nos clubs ont vraiment répondu à l’appel du In Seine-Saint-Denis et de la Fabrique Pointcarré, commente Clément Rémond, co-président de la FSGT 93. Ils prouvent ainsi qu’on peut donner une autre vie à notre matériel sportif qu’on doit souvent changer, par exemple les cordes d’escalade pour des raisons d’usure et donc de sécurité de la pratique. »

LES PLUS INCLUSIVES

Une mini-planche de surf montée sur un casque découpé pour tester son sens de l’équilibre, c’était un des objets proposés dans le kit de sport inclusif créé par une des quatre équipes en lice. Un drôle d’objet ludique qui a interpellé le jury final. Seul hic relevé par le président du jury Stéphane Troussel, « la démarche du concours n’était pas tout à fait respectée puisqu’il n’y avait pas eu une totale transformation des objets, mais plutôt la création d’un nouvel usage. »

Pas grave, l’équipe menée par Anissa et Anaïs pourra bénéficier d’heures de formation au sein des ateliers de la Fabrique Pointcarré « pour creuser un peu plus son idée », a déjà programmé Elie Préveral, son directeur.

LES PLUS NOVICES

Prix spécial du jury pour l’équipe junior emmenée par Louise, 9 ans, venue du Pré-Saint-Gervais, qui avait déjà son plan d’attaque en tête avant de débuter la nuit du hackathon : « On va créer une sorte de jeu de paume, vous allez voir, ça va être super !» Résultat final, un jeu de pelote basque new-look créé avec des bâtons de relais et un disque de lancer, joliment baptisé le « jeu à deux balles. »

Tout aussi confiants, les « minots » de l’École nationale supérieure de création industrielle de Paris, Louis-Jacques et Léopold, 18 ans qui partaient un peu plus en free-style : « Notre idée, faire de l’impro et surtout en profiter aussi pour découvrir Saint-Denis, la ville des Jeux », lançait Louis-Jacques, originaire de l’Ile d’Yeu. Au bout du compte, le duo a dévissé. Sa création d’un vide-poches en cordes d’escalade n’a pas tout à fait accroché le jury.

LE PLUS FRAIS ET LE PLUS LOCAL

Michel, 76 ans, dionysien était aussi le doyen des quatre équipes en lice. Du coup, il n’a pas hésité à faire un « petit somme entre 4 heures et 7 heures du matin. » Et, cet ex-prof de maths a assumé avec cran son rôle d’ancien : « Je craignais que « papy » ne s’écroule à minuit, mais j’ai bien tenu le choc », plaisantait-il à l’issue du hackathon. D’ailleurs, il a tellement bien résisté à la fatigue que son équipe a composé non pas un, mais trois objets issus du recyclage. En l’occurrence « un jeu de 3 tabourets culbuto pour conter en famille. » De quoi « s’asseoir pour raconter des histoires à ses enfants tout en se musclant le dos et le périnée parce qu’ils ne sont pas tout à fait stables. »

Un déséquilibre pensé à dessein puisque les témoins de relais composant les pieds des tabourets avaient été sciés au millimètre près ! »

Un drôle d’objet déstabilisant non identifié testé immédiatement par le président du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel, rapidement persuadé par la destination sportive de l’objet : « Effectivement, ça fait bien travailler les abdos ! »

Costauds, les tabourets culbuto de la « bande à Michel » raflent le premier prix de la Nuit du design sportif : soit un ensemble de formations sur toutes les machines numériques du Pointcarré et une dizaine d’heures d’accès à son atelier.

LA PLUS « VERNIE » DES SEQUANO-DIONYSIENNES

Membre du trio vainqueur des tabourets culbutos, Mariama est décidément la reine des concours In Seine-Saint-Denis puisqu’elle a déjà remporté cet été le Championnat du Monde des Cuisines du Monde, toujours dans la Cité des Rois. De quoi se réjouir : « Franchement, c’était une superbe expérience, dans une ambiance très « cool » où tout le monde s’est bien entraidé. Et puis, ça m’encourage à persévérer dans l’entreprise, les Souvenirs de Seine-Saint-Denis, que je viens de lancer du côté d’Épinay. Sur le même modèle que ce hackathon, on travaille en mode artisanal avec des créateurs du 93 pour valoriser des déchets et en faire des objets décoratifs qui représentent l’inventivité de la Seine-Saint-Denis.  »

 

Frédéric Haxo

 

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