Audrey Sovignet, une ambassadrice très inclusive

Aux commandes de sa startup « I Wheel Share », cette trentenaire installée aux Lilas facilite l’accessibilité des personnes handicapées aux espaces publics grâce à son majordome numérique Wilson. Portrait.

« I Wheel Share », un astucieux jeux de mots anglophone qui résume de façon percutante le projet de la start-up fondée en 2015 par Audrey Sovignet, entrepreneure trentenaire qui s’est donnée l’objectif de venir en aide aux personnes handicapées. Qu’elles soient en fauteuil, malvoyantes ou sourdes, le chatbot Wilson sera toujours là pour dénicher les activités, les lieux ou les établissements compatibles avec leur handicap. Un exemple ? Wilson pourra indiquer à un malvoyant, si le distributeur bancaire du coin de la rue est bien doté de la fonction audio description. « Wilson répond en deux secondes à un maximum de questions, c’est une sorte de meuble à tiroirs dans lequel on va trouver les lieux et services adaptés, en matière de sport, culture, emploi, commerces et bien d’autres domaines encore, à la vie pas toujours facile d’une personne handicapée », résume Audrey Sovignet.

Ex-élève des Beaux-Arts de Valence (Drôme), Audrey sait de quoi elle parle. Bien malgré elle, puisqu’elle a ressenti le besoin de créer « I Wheel Share » –alliage des mots roue et partage pour les non-anglophones- à la suite d’un accident qui a rendu son frère paraplégique. Le drame familial la pousse à cogiter sur les moyens de rendre plus simple la vie de son cadet alors qu’elle est en formation pour apprendre le codage à Simplon Paris, l’école des métiers du numérique. « Sans trop y croire vraiment », elle se lance néanmoins et décroche un prix de 25 000 euros qui lui servira à se mettre sur les rails de l’entreprenariat. « I Wheel Share » nait donc à la fin 2015 et quatre ans plus tard, la petite entreprise de l’ex-lycéenne d’Annonay en Ardèche emploie 5 personnes, agrège 9000 utilisateurs et met à disposition 200 000 données liées aux handicaps.

Seule au monde…

Avec l’ambition pour la start-up installée à Montreuil d’aller toujours plus loin : « Nous allons continuer de vendre des licences d’utilisation de notre majordome du handicap, explique-t-elle, augmenter aussi notre volume d’infos et nous ouvrir vers l’international dans la perspective des Jeux paralympiques de Paris-2024 qui est d’ores et déjà un objectif majeur pour nous. » Wilson, baptisé ainsi en référence au ballon de volley qui tient compagnie au naufragé Tom Hanks dans le film « Seul au Monde » parlera donc bientôt anglais. Mais, restera bien ancré en Seine-Saint-Denis où Audrey a débarqué en 2014 : « Pour financer mes études, je suis devenue serveuse au bar du Marché à Montreuil et j’ai été tout de suite plongé dans l’énergie de cette ville avec des gens hyper-passionnés par leurs activités respectives et surtout de vrais visages à croquer pour moi qui dessine. » Elle en découvrira évidemment beaucoup d’autres en intégrant le réseau du « In » :

« Comme j’étais déjà dans le réseau Entreprendre 93, j’ai trouvé naturel de m’inscrire aussi dans la mouvance du In Seine-Saint-Denis, un vivier incroyable de parcours de vies très différents qui peuvent donner des idées à d’autres, les inspirer aussi, leur montrer que tout est possible. C’est en tout cas comme ça que je veux construire mon rôle d’ambassadrice… »

 

Frédéric Haxo

En savoir plus : www.iwheelshare.com

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