Bienvenue à Ici Montreuil où on invente le fauteuil anti-burn-out et le capteur de pets…

Découverte de la communauté de créateurs montreuillois à travers trois parcours de vie et trois projets motivés par l’envie d’inventer et de se réinventer personnellement. Pour ça, rien de mieux que le bouillonnement créatif de ce tiers-lieu montreuillois où se partagent les savoir-faire dans les domaines de l’artisanat comme du numérique.

Créé en 2012 dans une ancienne usine d’outillage de Montreuil par Nicolas Bard, ambassadeur du In-Seine-Saint-Denis, « Ici Montreuil » regroupe sur près de 2 000 mètres carrés des artistes, des artisans, des designers, des entrepreneurs du numérique. Un endroit qui défend le retour de la production en ville en additionnant plus d’une soixantaine de savoir-faire qui vont des ébénistes, aux tapissiers, menuisiers jusqu’aux spécialistes du numérique en passant par les architectes ou graphistes. Bref, un lieu où on phosphore et où on peut aussi apprendre à créer via les formations d’Entrepreneur-maker, la fabrication d’objets connectés ou pas avec l’objectif de lancer son entreprise ou d’intégrer des équipes d’innovation. Autre programme en pointe, celui de « Creative Technologist », soit la conception d’objets connectés de A à Z en six mois de formation intensive. Deux programmes de formation que nous racontent de l’intérieur et par ordre d’apparition Vu Ha, Laetitia Malderez et Éric Hofferer.

« En Seine-Saint-Denis, on ose inventer ! »

Vu Ha, 39 ans, développe le P-Protect, un détecteur de pets foireux. Si, si…

Ex-sertisseur en joaillerie pendant une vingtaine d’années, Vu Ha a rejoint les rangs d’Ici Montreuil et de la Createch, lassé de poser des pierres précieuses sur les bijoux des plus grandes joailliers de la Place Vendôme à Paris. Ex-élève de l’École du Louvre, ce presque quadragénaire a trouvé à Montreuil une école où on peut allier fantaisie et rigueur. Et mener à bien son projet de reconversion dans un domaine qui « allie la dimension manuelle et les nouvelles technologies. » La preuve avec son projet de P-Protect : un détecteur de toutes les petites odeurs humaines que le corps humain peut délivrer dans les toilettes : bref les pets foireux et malodorants. « En fait, c’est un capteur qui alerte sur les gaz laissés dans les WC », explique Vu. Une idée « un peu potache » développée avec son alter ego, David Duhamel, tancé une énième fois par sa femme sur le fait « qu’il aurait pu prévenir avant de rendre les toilettes infréquentables » en rigole encore Vu Ha.

Qu’à cela ne tienne, le duo engagé dans le programme « Creative technologist » se lance sur son P-Protect et développe aujourd’hui son business-plan autour de son capteur de pets niché dans un personnage assis sur des toilettes.

Un projet un peu barré qu’il n’aurait jamais pu mener, estime-t-il sans passer par Montreuil :

« Ici Montreuil, c’est le lieu où tout est possible, il y a un mélange de gens de cultures différentes dans une ville et un Département, la Seine-Saint-Denis, qui bougent, qui créent et surtout osent inventer. »

 

 

« Un lieu ouvert et créatif à l’image de la Seine-Saint-Denis »

Laetitia Malderez, 27 ans, diplômée en Masters conception et simulation de produits, rêve d’ouvrir à son tour un fab-lab où « tout serait possible. »

Après deux ans passés entre l’Université de Saint-Quentin dans l’Aisne où elle a bouclé un Masters d’innovation et développement industriel et l’usine Tefal de Rumilly (Haute-Savoie) où elle mettait en application ses études en tentant de résoudre très sérieusement « la problématique des manches de poêle qui bougent », Laetitia Malderez a rejoint Ici Montreuil et la Seine-Saint-Denis où elle a grandi du côté de Saint-Ouen. Intégrer la formation « Entrepreneur-maker » d’Ici Montreuil pendant quatre mois est pour elle une manière d’expérimenter le bouillonnement créatif d’un tiers-lieu. « Je vais m’imprégner de la culture « maker » qui règne ici pour à mon tour ouvrir, pourquoi pas, un fab-lab en Seine-Saint-Denis, espère-t-elle.  Mon ambition, ce serait de monter un tiers-lieu ouvert au grand public où les artisans locaux pourraient exposer leurs créations dans un endroit accueillant ouvert sur la ville et ses habitants. » Un projet qui ferait à son tour avancer cette Seine-Saint-Denis qu’elle retrouve après deux ans d’absence et qu’elle perçoit

« hyper-dynamique, un Département où se montent quantité de projets culturels ou liés aux nouvelles technologies. Énormément de lieux en fait où on crée dans un esprit ouvert et tourné vers les autres. »

Toute la philosophie d’Ici Montreuil qu’elle a bien l’intention d’expérimenter au plus près.

 

 

« A Ici Montreuil, tout est possible… »

Éric Hofferer, 50 ans, veut éviter les sorties de route professionnelles et existentielles grâce à son fauteuil anti-burn-out.  

Arrivé à la cinquantaine, Éric Hofferer en a eu assez de rédiger à la chaîne des bande-annonces et autres slogans pour le petit écran et a eu « envie de faire autre chose. » Bref, il a fait un burnout, une mauvaise passe sur laquelle il compte bien s’asseoir en créant du côté du 135 boulevard de Chanzy, adresse d’Ici Montreuil, son « fauteuil anti-burn-out, tout simplement un fauteuil où on pourra se régénérer. Ça n’existe pas et j’ai déjà déposé un brevet pour protéger mon idée », expose ce Parisien du 19e arrondissement.

Pendant ces quatre mois où il se mettra dans la peau d’un entrepreneur-maker, il va donc s’atteler à créer le prototype de son objet innovant qui ressemblera dans les grandes lignes à un « fauteuil de bureau convertible en transat de relaxation. »

Pour cela, il compte s’appuyer sur l’expérience d’Ici Montreuil qu’il voit « comme une sorte de grande coloc’ des artisans et des inventeurs. Un endroit très stimulant où on crée avec des outils professionnels et dans une ambiance détendue. »

Ce qui lui donne aussi l’envie de quitter Paris et de rejoindre Montreuil chaque jour avec entrain :

« A Ici Montreuil, on a l’impression que tout est possible lorsqu’on a une idée, un projet à défendre, c’est un peu à l’image d’un département, la Seine-Saint-Denis, qui est en pleine mutation. »

Tout comme Éric Hofferer…

 

 

Frédéric Haxo

Crédits photo: Bruno Lévy

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