Concours photo Territoire(s) #2, le gagnant est…

Le In Seine-Saint-Denis et la Maison de la culture de Seine-Saint-Denis, MC93, ont lancé la deuxième édition du concours photo Territoire(s) In Seine-Saint-Denis avec à la clé notamment un prix de 1500 euros et un temps d'exposition à la MC93. Objectif: donner à voir le département autour du thème "les nouveaux communs".

Les nouveaux communs ? Un thème qui vous inspiré !

Une trentaine de photographes professionnel.le.s et émergent.e.s in Seine-Saint-Denis nous ont fait parvenir leurs candidatures. Merci et bravo à eux.elles !
Ils.elles nous ont surpris dans la façon dont ils.elles ont réinterrogé ce qui fait commun, ce qui lie, ce qui rassemble, avec comme source d’inspiration, la Seine-Saint-Denis…
Le jury, la MC 93 et le In Seine-Saint-Denis ont été sensibles aux séries présentées et seront ravis d’accompagner chacun.e dans la suite des travaux.

Un grand bravo à Delphine et Elodie Chevalme !

Lauréates de la deuxième édition du concours photographique Territoire(s) In Seine-Saint-Denis, les soeurs Elodie et Delphine Chevalme vont dépasser grâce à ce prix les frontières de leur inspiration, mais pas si loin de leurs bases du 6b , le lieu de création implanté à Saint-Denis.

Crédits photo: Bruno Lévy pour le In Seine-Saint-Denis

« On avait envie de quitter un peu Saint-Denis, tout en restant dans le 93, sourit le duo. Et, comme les projets sont souvent le fruit de rencontres, le nôtre est le fruit de celle avec l’association art-exprim qui nous aide à découvrir Aubervilliers, un territoire proche mais qu’on connait beaucoup moins bien que Saint-Denis. Avec Art’Exprim et différentes associations ou partenaires locaux, on travaille donc depuis 2020 à créer des liens avec des habitants de trois quartiers de la ville (Robespierre-Cochennec, Péri-Villette-Quatre Chemins, Firmin Gémier-Sadi Carnot) pour les impliquer dans nos futures créations. » Car la future série « Clai.r.e.s-obscur.e.s », conçue par les deux plasticiennes et présentée l’automne prochain au sein de la Maison de la Culture de la Seine-Saint-Denis (MC93) à Bobigny sous le commissariat d’exposition de Raphaële Bertho, sera une immersion au cœur d’Aubervilliers

« avec l’intention de questionner l’espace public comme un espace commun afin de savoir comment il est perçu par l’ensemble des habitants qui partagent ce commun. L’enjeu de notre travail sera aussi d’observer comment l’espace public est un jeu de pouvoirs, un théâtre de notre société. »

Un objectif qui correspond parfaitement au thème de cette deuxième édition de Territoire(s) qui avait pour thème les « Nouveaux communs en Seine-Saint-Denis. »

Le light-painting pour imaginer des « musées vivants »

Autrement dit, explique Raphaële Bertho, la présidente du jury de « Territoire(s) 2 et directrice de l’ InTRu , laboratoire de recherches de l’université de Tours créée par des historiens de l’art contemporain, ce qui « contribue à construire une identité « hors du commun », ce qui, dans les rapports aux lieux, entre les gens, permet de construire un entrelacement d’expériences singulières et partagées […] de saisir le bruissement du vivre-ensemble, faire émerger des « images qui parlent », qui prennent la parole pour raconter une identité unique et plurielle à la fois, dans un territoire en mouvement où de nouveaux lieux et nouvelles expériences émergent ».

Une thématique qui donnera une nouvelle occasion aux sœurs jumelles de mettre en œuvre leur maîtrise du light-painting -une technique photographique où des prises de vue avec des temps longs d’exposition permettent à des mouvements de lumière de laisser une trace sur l’image- exploré depuis 2017. « Autant on a commencé il y a une quinzaine d’années de manière très graphique avec du feutre , développent-elles, autant on a aujourd’hui diversifié les mediums et les techniques que nous utilisons. » Leur expérimentation de la luminographie sera ainsi à découvrir en juin prochain au Musée d’Art et d’Histoire Paul-Éluard de Saint-Denis où elles exposeront « Maladie d’occupation », une série de photographies réalisée en 2019 au Cameroun qui explore les « pratiques d’appropriation des cultures étrangères dans les mondes post-coloniaux. »

En attendant, c’est donc à Aubervilliers qu’elles vont se poser ces prochaines semaines pour bâtir « une sorte de ciné-photographie où la collaboration des habitant.e.s se jouera dans l’écriture de scenarii qui intégreront leurs expériences personnelles. Avec eux, on aimerait beaucoup inventer des « monuments vivants » des habitants, créer à leurs côtés ce qui n’existe pas encore. Au préalable, cela implique donc aussi bien un repérage de lieux qu’un travail pour construire, définir ce que va représenter le monument en question. »

Se mettre à égalité avec les habitant.e.s

Pour cela, on peut compter sur l’inventivité et la créativité des résidentes du 6-B, qui en 2013 avaient concocté «  Zistwar dé France  », une série où elles revisitaient en les « métissant » quelques classiques du patrimoine pictural français du 19e siècle comme le « Radeau de la méduse » de Géricault. Un processus créatif qui les fera aussi « entrer » dans leurs propres compositions : « Il n’y aura pas les photographes derrière leurs appareils, détaillent-elles. Parce qu’on fait très attention à la manière dont on utilise la photographie, justement parce que par le passé, les photographes ont pu servir des causes colonialistes ou ethnographiques. » Au contraire, la pose longue du light-painting leur permettra de s’impliquer dans les différents monuments vivants imaginés : « On viendra éclairer avec nos lampes torches la future photo, ce qui nous permettra de nous mettre à égalité avec les gens des quartiers. On sera sur la même scène qu’eux. »

Un éclairage bien dans l’esprit de Territoire(s). « Mettre en images ce que nous avons en commun est une belle façon de rassembler les habitant.e.s dans cette période si particulière », commente Stéphane Troussel, le président du Département de la Seine-Saint-Denis, également membre du jury du concours. Une façon de créer qui est, de fait, une des signatures des Sœurs Chevalme, ambassadrices du IN, impliquées socialement et artistiquement sur leur territoire de création : « Pour nous, c’est très important de ne pas rester dans notre tour de Babel, on est vraiment dans l’aspect collaboratif dans tout notre travail.

C’est pour ça que le nom du prix, « Territoire(s) avec un « s », faisait vraiment sens pour nous, parce que lorsqu’on habite ou lorsqu’on travaille en Seine-Saint-Denis, on a une affection presque naturelle pour ce territoire. Et, en construisant ce projet à Aubervilliers, nous sommes ravis de pouvoir apporter une autre vision de ce département qui souffre parfois d’une image un peu dégradée… »

En d’autres mots, une manière d’aller via l’image au-delà des clichés.

 

Fred Haxo

Crédits photo: photographies des Sœurs Chevalme


Et il y a eu… Deux coups de cœur du jury !

Après la photographe montreuilloise Valérie Frossard récompensée en 2020 lors de la première édition de Territoire(s) pour sa série « Autofictions », c’était donc au tour des sœurs Chevalme, le 13 avril dernier, de recevoir un prix de 1 500 euros, et de bénéficier à partir de l’automne prochain d’au moins deux mois d’accrochage de leur travail dans l’espace d’exposition de la Maison de la Culture de la Seine-Saint-Denis (MC93) à Bobigny, partenaire du concours. Elles bénéficieront également d’un mentorat et d’un accompagnement de 6 mois par Raphaële Bertho, commissaire d’exposition et historienne de la photographie, et Matthias Tronqual, secrétaire général de la MC93.

Le premier…

Bravo à Aude Boissaye et Sébastien Randé, Studio Cuicui qui se verra confier une commande photographe du In Seine-Saint-Denis sur le sujet des savoir-faire « Made In Seine-Saint-Denis »..

Le second…

Bravo à Lolita Bourdet, co-fondatrice du collectif « Les Cousines » pour son projet « Vago Molari » à la rencontre des habitants des Murs à Pêches de Montreuil. A l’invitation des Ateliers Médicis, membre du Jury, elle participera à la nouvelle édition de Transat, le festival d’été des résidences d’artistes.


Un grand merci au Jury de cette deuxième édition :

Raphaële Bertho, Directrice de l’InTRu , Maîtresse de conférences en Arts et co-commissaire de l’exposition Paysages français à la BnF; Renan Benyamina, directeur adjoint des ateliers Médicis;  Valérie Frossard, photographe lauréate de la première édition de Territoire(s), Joachim Pflieger directeur général de la Fondation Fiminco, Stéphane Troussel, président du Département de la Seine-Saint-Denis; Hortense Archambault, directrice de la MC93; Axelle Poulaillon, responsable du In Seine-Saint-Denis.
Merci aussi à nos partenaires, Polka Magazine et Picto !

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