En avant « bééééé » avec les Bergers Urbains !

Jusqu’au 17 juillet, 27 moutons made In-Seine-Saint-Denis puisque grandis à La Courneuve et cornaqués par deux de nos ambassadeurs, traversent 34 villes du Grand Paris pour promouvoir l’agriculture urbaine. Le In était dans le troupeau au départ de la Basilique de Saint-Denis…

Un mouton, deux moutons, trois moutons… vingt-sept moutons… Non, vous n’êtes pas dans une tentative d’endormissement de notre part pour vous décourager de lire les lignes qui vont suivre.
Au contraire, vous êtes bien réveillés à l’assaut de la première Transhumance du Grand Paris, dont le départ avait lieu, samedi 6 juillet, à l’ombre des contreforts de la Basilique de Saint-Denis. Le concept est simple. Pendant douze jours et onze nuits jusqu’au 17 juillet, 27 ovins élevés dans le Parc départemental Georges-Valbon traversent six départements d’Ile-de-France (140 kilomètres en tout) et 34 communes pour retrouver Paris et un dernier arrêt broutage aux Invalides. « On va suivre une sorte de périphérique vert, avec l’objectif de démontrer qu’il existe en ville une continuité d’espaces verts où les moutons seront en quelque sorte les bio-indicateurs de la présence de la nature en milieu urbain», pose Vianney Delourme, co-fondateur d’Enlarge Your Paris, « le média des Grands Parisiens » et organisateur de cet événement qu’il a confié à l’expertise des Bergers Urbains, collectif qui fait paître ses moutons du côté de La Courneuve depuis 2013.

Randonner autrement

Voilà pour le principe de l’opération largement approuvé d’un « béééé » affirmatif par Charles-Edouard, Anne-Isabelle ou Igor et Grichka, quatre des bleus du Maine, membres du troupeau en transhumance. Pendant ce temps-là, Elias, petit bonhomme de 4 ans, pratique un tirage de laine discret mais en douceur tout en se la jouant « petit Prince » de Saint-Exupéry d’un véridique « Papa, tu pourras me dessiner un mouton ? »

Tout juste le temps de sortir de nos rêves d’enfance et on embraye sur une traversée du Parc de la Légion d’Honneur à Saint-Denis, aux côtés de Philippe, randonneur aguerri de Rosny, qui a prévu de moutonner pendant sept étapes avec les Bergers Urbains : « Je me suis inscrit à cette transhumance parce que c’était un moyen de découvrir autrement la nature en ville, raconte ce prof de maths dans le civil. Qui sait par exemple qu’il existe une ferme en plein Saint-Denis ? »

Le 93, terre agricole d’inspiration

Philippe donc mais aussi le In qui depuis cet hiver fait turbiner son application collaborative made in Seine-Saint-Denis (inseinesaintdenis.fr/made-in), laquelle recense plus de 350 acteurs de l’agriculture urbaine, de l’alimentation durable et du réemploi. Des concepts que s’attache à défendre inlassablement Guillaume Leterrier, berger urbain et ambassadeur du In que l’on retrouve en tête de troupeau sous son chapeau de paille.

« Avec des acteurs comme les ambassadeurs du In impliqués dans l’agriculture urbaine, explique-t-il, on souhaite susciter les vocations et les coopérations pour pousser un mouvement qui permettra aux paysans urbains de vivre dignement de leur production. Parce que la finalité de l’agriculture urbaine, c’est bien de produire et pour cela il nous faudrait, pour ce qui nous concerne, faire vivre une bergerie d’au moins 200 têtes. »

Pour le moment, la Bergerie de Georges-Valbon, née en 2012 d’une convention avec le Département de la Seine-Saint-Denis compte déjà près de 50 moutons. Alors, en attendant de compter jusqu’à 200, Guillaume Leterrier n’hésite donc pas à prendre son bâton de berger pour expliquer et répéter aussi qu’il est possible de créer en ville « des micro-filières de production de viande d’exception tout en assurant une gestion paysanne des espaces verts, comme on le fait déjà un peu partout en Seine-Saint-Denis. » Car, lorsqu’ils ne transhument pas comme en ce mois de juillet les moutons des Bergers Urbains rasent utilement les pelouses du bailleur Icade au Millénaire d’Aubervilliers ou bien de l’hôpital Casanova à Saint-Denis.

Une aventure qui a essaimé dans tout l’hexagone et même au-delà puisque Les Bergers Urbains de la Courneuve ont déjà fait des petits à Marseille, Lyon et Bruxelles. Et pourquoi pas bien d’autres encore au fil des 140 kilomètres de leur transhumance estivale…

Frédéric Haxo

Crédits photo: Bruno Lévy

 

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