Entrez les artistes !

Un partenariat solidaire entre le In SSD, Emmaüs Défi et les artistes Joachim Romain, les soeurs Chevalme et le duo Gonzague Lacombe-Laure du Faÿ, résidents du 6B à Saint-Denis va permettre de mettre une touche artistique dans le quotidien de personnes qui sortent de situations précaires ou d’hébergement d’urgence. Une histoire d’art en partage qu’on vous raconte…

« Une maison, un appartement, ce ne sont pas que des meubles ou des ustensiles de cuisine, on doit y faire entrer aussi la culture qui est vitale et pas optionnelle… » Quand les Sœurs Chevalme, artistes plasticiennes résidentes de l’espace de création du 6B à Saint-Denis ont été contactées pour offrir une de leurs œuvres et ainsi entrer dans la boucle d’un partenariat monté entre le In Seine-Saint-Denis et la Boutique Solidaire de l’Equipement (BSE) à Aubervilliers, un endroit où se meublent à petits prix, ex-SDF et personnes en situation précaire, elles ont évidemment dit « oui tout de suite. » L’idée donc, c’est qu’en plus des meubles et des équipements ménagers issus de dons d’entreprises partenaires, on puisse aussi trouver des œuvres d’art à prix modiques au sein de la Boutique Solidaire. Portée par Emmaüs Défi, la BSE membre du réseau des ambassadeurs du In « permet au quotidien à des personnes sortant d’hébergement provisoire ou ayant eu un parcours de rue en Seine-Saint-Denis de s’équiper en neuf et à petits prix lorsqu’elles emménagent pour la première fois dans un logement pérenne et indépendant », explique Elsa Defiez-Boulay, la coordinatrice de la boutique d’Aubervilliers ouverte depuis fin 2018 au sein de la cité des Fusains.

« De la couleur et de la chaleur dans une vie »

 

Aux côtés des soeurs Elodie et Delphine Chevalme, trois autres ambassadeurs du In, artistes résidents du 6B dyonisien -Joachim Romain et le duo Gonzague Lacombe-Laure du Faÿ ont également donné leur accord pour faire don de plusieurs reproductions d’une de leurs œuvres. Avec une implication personnelle qui va au-delà du simple don puisqu’ils participeront aussi à l’accrochage de leurs créations à la BSE lors d’un rendez-vous collectif le 18 septembre prochain et auront par la suite l’occasion d’échanger avec celles ou ceux qui vont se porter acquéreurs de leur travail. « Pour moi, c’est une fierté de participer à ce projet solidaire, confie Joachim Romain, spécialiste du street-art, parce que je pense qu’un tableau, peut amener de la chaleur dans une vie. C’est utile, je crois, de ramener l’art dans le quotidien de personnes qui ne l’ont pas forcément dans leurs priorités du moment. Et puis, donner un tableau, c’est aussi un apport de couleurs au quotidien dans un monde qui est un peu sombre. »

Pour Gonzague Lacombe, rôdé avec sa compagne illustratrice Laure du Faÿ à mettre sa patte de de « graphiste urbain » sur différents types de support types de terrains et de supports -écoles, cités, rues, palissades, parkings, façades- en Seine-Saint-Denis ou dans l’hexagone, faire don d’une tapisserie ludique dont il a le secret sera également une façon un peu plus « intime » de partager son art. « Rencontrer les personnes qui vont acquérir nos créations, ce sera vraiment quelque chose d’important pour moi, juge-t-il, parce que ça permet de raconter notre travail d’artistes et de l’humaniser. Et surtout, pour moi, ce projet partagé avec Emmaus et le In a énormément de sens parce qu’il affirme de manière concrète le fait que l’art ne doit pas être réservé qu’aux gens qui en ont les moyens… »

 

Frédéric Haxo 

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