La Belle Jeunesse, l’association qui veut « frapper » plus que trois coups…

Ils et elles ont entre 18 et 22 ans, sont originaires de Sevran et ont décidé de faire entendre en 2020 les « voix de la jeunesse » en s’appuyant sur la création théâtrale. Avec le soutien du Théâtre Louis-Aragon de Tremblay, ambassadeur du In.

« Urgent ! Jeunes de Seine-Saint-Denis veulent donner de leur(s) voix… » C’est presque sur le mode de la petite annonce qu’on pourrait résumer le mot d’ordre qui a présidé à la création fin 2018 de l’association « La Belle Jeunesse », lauréate de l’édition 2019 de l’appel à projets Agir In Seine-Saint-Denis. A l’origine du projet, on trouve une poignée d’anciens élèves de l’atelier théâtre du lycée Blaise-Cendrars de Sevran qui ont créé leur structure associative, épaulés par le Théâtre Louis-Aragon (TLA) de Tremblay-en-France où ils avaient leurs habitudes de spectateur et fréquentaient aussi différents ateliers de création.

Au moment de quitter le lycée, une grande majorité d’entre eux a donc souhaité prolonger en quelque sorte la cérémonie du salut sur scène en créant « La Belle Jeunesse, une association pour s’émanciper par la culture et la faire partager aux autres, prendre la parole, créer des formes théâtrales qui donnent aussi à entendre les voix de la jeunesse », pose Merbouha Rahmani, 20 ans, étudiante en licence de lettres et théâtre à la Sorbonne-Nouvelle et toute fraîche présidente de la « BJ ». Née à Aubervilliers, grandie entre Drancy et Sevran et désormais résidente d’Auber’, l’ambassadrice du IN affiche en parallèle l’ambition de « suivre les cours d’une école de théâtre et de pousser le plus loin possible (ses) ambitions artistiques. »

Théâtre, danse et chant…

Lesquelles ont déjà bien grandi entre 2018 et 2019 au contact de la Troupe Éphémère implantée au sein du TLA par le dramaturge et metteur en scène de Jean Bellorini. « C’est en le rencontrant que mon envie de faire du théâtre s’est développée », poursuit sans mystère Merbouha Rahmani. Pas question dès lors de lâcher la rampe alors que 2020 s’ouvre et que la dizaine de membres les plus actifs de La Belle Jeunesse s’active à monter sa première création intitulée « Urgent : attention fragile » présentée lors de la semaine du 26 au 30 mai 2020 sur les planches de Louis-Aragon. Avec un sous-titre explicite : « Venez écouter la voix d’une jeunesse en connexion avec le monde ! »

Un spectacle qui prend peu à peu forme sous la direction artistique de Laure Hamidi, prof de l’atelier-théâtre du lycée Cendrars de Sevran. « La forme de notre spectacle sera bien sûr sera théâtrale, dévoile pour le IN, Merbouha Rahmani. Mais, il pourra y avoir aussi du chant, de la danse et un texte qu’on va écrire au fil de nos échanges. »

Différents ateliers avec des artistes confirmés -Sylvain Riejou pour la danse et le travail sur le corps, la dramaturge Charlotte Farcet pour l’art de l’écriture- affineront le processus créatif.

Pas que de la mauvaise « graine » !

A l’appui également de cette création inédite, l’emploi d’une méthode de travail très ancrée dans le réel. Merbouha Rahmani encore : « Concrètement, Laure Hamidi nous fait discuter sur des problèmes actuels : l’homophobie, les féminicides, les migrants, toute une variété de thèmes entre guillemets « urgents » dont on a envie de s’emparer pour dire à la jeunesse qu’elle doit se réveiller, qu’il y a des choses à bouger dans les domaines politiques, sociaux, économiques, culturels pour promettre, demain, à la nouvelle génération, une… belle jeunesse. L’envie, c’est que les plus jeunes ne soient plus passifs et autocentrés, repliés sur eux-mêmes. Les jeunes d’aujourd’hui, il faut qu’on les entende encore plus ! »

Parole d’ambassadrice qui plaide pour que la Seine-Saint-Denis ne soit plus « présentée dans les médias comme un territoire-fardeau, un département où ne pousse que de la mauvaise graine. Au contraire, il y a plein de talents, de beaux parcours dans le 93 qui ne demandent qu’à être valorisés. Et nous sommes là pour ça avec la Belle Jeunesse ! »

Dont acte(s) dès le mois de mai prochain…

 

Frédéric Haxo

 

 

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