Louise Lengagne, une ambassadrice In Seine-Saint-Denis qui vous tire son chapeau…

Installée sur le site de l’Orfèvrerie à Saint-Denis, cet ex-ingénieure architecte s’est reconvertie dans la création de chapeaux et d’accessoires, en créant sa marque. Également enseignante en arts plastiques dans un collège de Stains, elle milite pour une création IN Seine-Saint-Denis. Portrait.

En pleine période de confinement, réduits à tourner en rond à la maison, certains craignent de finir par « travailler du chapeau. » Pas Louise Lengagne qui s’évertue dans son appartement de Saint-Ouen à travailler ses chapeaux. Une petite pirouette langagière pour vous expliquer que cette nouvelle ambassadrice du IN est tout simplement modiste et créatrice de chapeaux. Une passion précoce : « Depuis toute petite, j’ai toujours aimé dessiner et petit à petit je suis venu à la création textile parce que j’avais envie de créer, de produire quelque chose de concret. Et le chapeau s’est imposé parce que je trouve que c’est un accessoire amusant. »

Ce fut aussi une manière de renouer avec son enfance passée dans le Nord de la France où affleure le souvenir d’un arrière-grand père -Fernand- qui tressait de la paille de blé pour en faire des objets décoratifs. « C’est aussi pour ça que je me suis lancée, en plus du feutre, dans la création de chapeaux de paille, dont l’odeur fait resurgir des souvenirs familiaux. »

Saint-Denis, la créative…

De ce chapeau personnel où se mélangent différentes motivations et aspirations va donc sortir la marque Nuance Chapeaux lancée au début de l’année 2019 et installée depuis janvier dernier dans un atelier niché au cœur du site de l’Orfèvrerie à Saint-Denis : «Une ville dont j’aime l’ambiance de village avec un esprit créatif prononcé qu’on retrouve bien dans la Foire des savoir-faire solidaires qui a lieu chaque fin d’année. Et puis Saint-Denis, c’est aussi pour moi le coup de foudre du 6B, un lieu de création artistique que j’adore fréquenter. »

Un univers un brin éloigné de la carrière d’ingénieure-architecte embrassée après ses études supérieures : « Je faisais de la gestion de projet aussi bien sur des chantiers de logement que pour de la restauration de bâtiments commerciaux. Une superbe expérience qui m’a amené à travailler en équipe, à gérer des budgets, mais l’état d’esprit créatif me manquait, le travail de la main aussi. Bref, j’avais envie d’autre chose que de rester coincée, la plupart du temps, derrière un écran d’ordinateur à envoyer des mails. »

Une autre casquette

En parallèle de son activité professionnelle, la jeune femme née à Calais, ville historique de l’industrie de la dentelle, va donc se trousser une nouvelle vie en obtenant en cours du soir un CAP de chapelière-modiste, tout en suivant aussi les cours des Beaux-arts. De quoi cette fois lui permettre d’ajuster la casquette d’enseignante en arts plastiques au sein du Collège Joliot-Curie de Stains : « Enseigner pour moi, c’est évidemment transmettre des savoirs et partager des connaissances, ce que j’aimais beaucoup faire lorsque je travaillais dans le BTP en accueillant des stagiaires. Je retrouve ça avec les collégiens : malgré le confinement, on maintient le lien par mail. »

En attendant mai et le possible retour vers les bancs des collèges, elle phosphore activement sur ses nouvelles créations, rêvant que le monde de demain fasse un revival « vers les années 50 où le port du chapeau était très en vogue. Mais, tout est cyclique dans la mode. En ce moment, par exemple, il y a un retour du turban, peut-être parce que c’est un accessoire très lié à l’image de Simone de Beauvoir qui va de pair avec la montée actuelle du féminisme. La casquette est aussi très portée par les jeunes de Seine-Saint-Denis, entre autres. »

En tout cas, pour elle, deuxième et dernière pirouette du genre, pas question de faire porter le chapeau d’une partie des difficultés du 93 à sa jeunesse :

« Au contraire, juge-t-elle, la Seine-Saint-Denis est un territoire dont la jeunesse est un atout. Dans le 93, il y a une envie de se bouger incroyable et pour ça le réseau des ambassadeurs et ambassadrices du In est une force, parce qu’il va de l’avant avec eux… »

 

Frédéric Haxo

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