Natty Ngoy Mutubila aiguillonne la mode…

Entre Montreuil et l’Ethiopie, cette trentenaire a créé Inaden, une marque d’accessoires de mode qui s’engage à valoriser une chaîne de production éthique. Rencontre avec une ambassadrice engagée et repérée par les trophées « Créatrices d’avenir ».

Sept ans de réflexion… Le titre d’un film du réalisateur américain Billy Wilder sorti en 1955 où il est question de résister à la tentation féminine incarnée par Marylin Monroe. Une autre époque, mais un titre qui colle bien, dans un tout autre genre à la petite entreprise de mode lancée en 2015 par la Montreuilloise Natty Ngoy Mutubila, après justement sept années de réflexion mais aussi d’action. « A l’époque, raconte la trentenaire, je travaillais dans la gestion de projets et la réorganisation de métiers et j’avais envie de me lancer dans le secteur de la mode, ma passion sans vouloir forcément tout révolutionner mais avec l’idée de le faire positivement. » Une exigence qui amène donc cette Montreuilloise d’adoption à créer seule Inaden, « une marque d’accessoires Made in Africa qui s’engage à valoriser une chaîne de production africaine. » Un concept bien ancré dans la réalité et pas seulement un argument de communication : «Inaden, développe-t-elle, ce n’est pas juste poser une étiquette et ne pas me préoccuper du reste. Mon premier souhait, c’est de construire, autant que possible, une relation responsable et éthique avec mes producteurs africains. »

Une philosophie primée

Pour cela, depuis Montreuil, elle collabore donc avec un atelier en Ethiopie, pays réputé pour son cuir de chèvres et quatre ans après la création d’Inaden, les produits de maroquinerie –sacs, ceinture, pochettes- de la marque sont vendus dans une cinquantaine de points de vente hexagonaux. « Je ne dis pas qu’on va sauver l’Afrique avec nos sacs, poursuit la jeune franco-zairoise, mais je fais en sorte d’assurer des conditions de travail dignes à nos employé-e.s » Une philosophie qui lui a valu d’être finaliste en 2018 de Créatrices d’avenir, les trophées de l’entreprenariat en Ile-de-France. Un « encouragement à persévérer », juge la néo-ambassadrice qui s’attache aussi depuis le début de l’année 2019 à défendre les valeurs du « In » :

« En Seine-Saint-Denis, apprécie-t-elle, il y a une énergie d’entreprendre, c’est un territoire où on peut oser se lancer parce qu’on est soutenu. Et c’est ce qui amène un vrai dynamisme. Pour moi, c’est le territoire de tous les possibles avec une jeunesse, des femmes aussi, qui attendent qu’on croie en elle et qu’on lui ouvre aussi les portes… »

La sienne est déjà grande ouverte sur le monde…

 

Frédéric Haxo

 

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