Sarah Ourahmoune, boxeuse inside

Championne de France de boxe anglaise à 17 ans, championne du monde à 26 ans et vice-championne olympique à Rio en 2016, Sarah Ourahmoune a eu un parcours exemplaire. La jeune femme vient de raccrocher les gants, mais prouve avec ses nombreuses activités qu’il y a une vie après la compétition.

Certaines passions tiennent parfois du hasard. À 14 ans, alors qu’elle vient d’emménager à Aubervilliers avec sa famille, Sarah Ourahmoune passe devant la salle de boxe anglaise et se sent attirée par ce sport. Après un seul cours, elle est séduite. « C’était de la boxe éducative, à la touche où l’important, c’est la stratégie car les coups ne sont pas portés. J’ai tout de suite aimé le côté ludique et l’ambiance », explique-t-elle. À l’époque, la boxe féminine n’est pas autorisée en France. Au Boxing Beats d’Aubervilliers, Sarah s’entraîne surtout au milieu des hommes.

Quelques années plus tard, la fédération française de boxe donne le feu vert pour les combats féminins. Sarah intègre la toute jeune équipe de France et remporte son premier titre de championne de France en 1999. La tête sur les épaules, Sarah sait que tout sportif doit assurer ses arrières. Elle range ses gants pour mener à bien des études d’éducatrice spécialisée. Mais une fois diplômée, elle remonte sur le ring avant et après le boulot. Le succès est de nouveau au rendez-vous : championne de l’UE en 2007, championne du monde en 2008 et de nouveaux titres de championne de France.

 

 

«Les Jeux me faisaient déjà rêver ! »

 

Quand la boxe féminine est inscrite aux Jeux olympiques de Londres en 2012, un vieux rêve rejaillit. « Pendant les J.O. de Barcelone, en 1992, alors que je n’étais pas du tout sportive et que je n’avais pas découvert la boxe, les Jeux me faisaient déjà rêver ! », raconte la jeune femme. Malheureusement, Sarah n’est pas qualifiée pour Londres. « Cet échec a été un passage compliqué, mais je me suis lancée dans d’autres projets tout de suite. Je suis devenue maman ! J’ai créé ma société Boxer Inside qui propose des ateliers de boxe aux entreprises. Il faut se nourrir des échecs et des défaites pour pouvoir avancer et être meilleure. Cette grosse remise en question m’a permis ensuite de décrocher la qualification pour Rio ».

 

« C’est une fierté d’être un modèle. Il faut être capable d’y répondre positivement et durablement en donnant une belle image. »

 

2016 : Sarah Ourahmoune est la première boxeuse française qualifiée pour les Jeux olympiques. « Ces deux dernières années ont été une course de fond où j’ai navigué entre Aulnay-sous-Bois pour mes entraînements et Aubervilliers pour mon association Dynamic Boxe qui propose des cours de boxe aux femmes, avec garderie pour leurs enfants ». À Rio, Sarah a fait palpiter le cœur de la Seine-Saint-Denis et de la France entière en décrochant la médaille d’argent dans la catégorie – 51 kg.

Sarah se sent désormais une sorte de responsabilité envers les plus jeunes. « C’est une fierté d’être un modèle. Il faut être capable d’y répondre positivement et durablement en donnant une belle image. Aux plus jeunes qui m’interrogent, je dis : osez, allez-y, certes il y aura des obstacles, mais à un moment donné si on a vraiment envie, si on s’accroche ça finit par payer ! ». À 34 ans, Sarah Ourahmoune a réalisé son rêve d’enfant puis mis fin à sa carrière sportive, mais sa nouvelle vie ne rime pas avec retraite. « J’avais anticipé et préparé ma fin de carrière, je gérais en parallèle mon association et mon entreprise. Et je compte bien ne jamais rester loin d’un ring, mais pour le plaisir ! ». Ambassadrice des Jeux de Paris de 2024, elle compte là aussi donner son plein d’énergie.

Juliette Tissot

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