Tes P’tites mains vertes, un pied de nez à la surconsommation

A Bagnolet et à Montreuil, cette comédienne s’active via son collectif d’artistes à « reconnecter à la nature les habitants des quartiers populaires. » Une philosophie qu’elle partagera dès janvier en présentant en Seine-Saint-Denis son nouveau stand’up « Vie de chien de la casse».

C’est à mains nues et surtout de toutes leurs âmes d’artistes que « Tes p’tites mains vertes » s’évertuent à creuser le sillon de l’écologie dans les différents quartiers de Bagnolet en animant, entre autres, des ateliers pédagogiques et artistiques de sensibilisation à la biodiversité. « Notre action, c’est, en résumé, comment on se sert de la photo, du conte, de la peinture pour faire entrer les citoyens en relation avec le monde du vivant », pose Saliame Khéloufi, l’une des initiatrices en janvier 2017 de « Tes p’tites mains vertes. » Un collectif qui réunit aujourd’hui des artistes séquano-dyonisiens comme la scénographe Alexandra Cabanes, le réalisateur Antoine Bouhaik, le circassien et comédien Denis Verbecelte. Et bien sûr, l’ambassadrice du IN mais aussi comédienne, « sl’âmeuse » et metteuse en scène Saliame Khéloufi : « Ce qu’on cherche à faire plus concrètement, c’est reconnecter les enfants des quartiers populaires avec la nature en les familiarisant davantage avec les fruits et légumes par le biais, par exemple, de l’entretien d’un potager. »

Une philosophie qui avait déjà pris corps en 2016 lors d’un « Festival Jeunes pousses » au Parc départemental Jean-Moulin-Les Guilands, évènement nourri par des expos ou des « ateliers de culture écolos et surtout ludiques », clame Saliame, habituée à manipuler « Lili Pousse », une marionnette très active sur le terrain de l’écologie. Qui pourrait bien prendre ses quartiers en 2020 à Bagnolet au sein d’un « café créatif écologique et ludique ». Un projet que la Bagnoletaise mène avec l’objectif d’en faire un « lieu d’accueil intergénérationnel où on pourrait aussi faire vivre un fablab à hauteur d’enfants, de manière à ce qu’ils puissent s’impliquer, entre autres, dans des actions de recyclage. »

L’envie de transmettre…

 

En attendant d’avoir trouvé le lieu idoine, la comédienne trentenaire et le Collectif « Tes p’tites mains vertes » (1) font régulièrement vivre leurs rêves d’un monde plus vert dans différents endroits comme la Maison de quartier « La Dhuys » à Bagnolet ou le RÊV Café, le bien nommé, qui à Montreuil propose une cuisine zéro déchet et bon marché. « A travers les actions de notre collectif qui regroupe une dizaine d’artistes et une soixantaine de bénévoles, on essaie d’essaimer un peu partout, y compris dans la rue, notre vision d’un monde où on peut être heureux sans forcément consommer à outrance », prolonge l’ambassadrice du IN qui a rejoint Bagnolet au début des années 2000 après une enfance passée dans le Val d’Oise voisin. « Étant moi-même issue des quartiers populaires, j’ai envie de transmettre, aujourd’hui, dans ces endroits un peu oubliés, une culture du bien-manger qui s’est peu à peu perdue. A la maison, nous ne mangions pas n’importe quoi… Tout le contraire de l’époque actuelle où en règle générale, les jeunes n’ont pas une grande conscience de leur environnement. Mais, je le répète, on peut les raccrocher à la nature par le prisme de l’art. » Tout un combat qu’elle raconte en partie dans son nouveau stand-up « Une vie de chien de la casse», lequel se penche sur « ce que sont les codes et comment on traverse la vie lorsqu’on vient de banlieue. »

La suite est à découvrir à partir de janvier prochain sur différentes scènes de Seine-Saint-Denis.

 

Frédéric Haxo

 

(1)  Infos et contact au 06.61.52.12.40 ou tesptitesmainsvertes@gmail.com

 

 

 

 

 

 

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