Go In Seine-Saint-Denis, une édition 2021 puissance dix…

Retour sur quatrième édition de la finale du concours d’idées GO In Seine-Saint-Denis. Le 9 novembre dernier à la Sand Fabrik de Pantin, vingt-trois candidats étaient en lice devant un jury d’ambassadeurs du IN qui a retenu dix projets lauréats. Une sélection avec forcément un brin de subjectivité comme celle des « petits plus » de ce Go In 2021 qu’on vous fait partager.

C’est sur le sable des terrains de beach-volley de la Sand Fabrik à Pantin que les 23 candidats de la quatrième édition du Go In, le concours d’idées et de projets lancé en 2018 par la marque territoriale du Département s’étaient donnés rendez-vous, le 9 novembre dernier, pour pitcher le projet de leur vie ou du moment devant un jury d’ambassadeurs et d’ambassadrices du In. Six minutes pour convaincre, expliquer, émouvoir et s’offrir les clés d’un accompagnement par un expert du In Seine-Saint-Denis afin de consolider ou démarrer son projet. Avec au final dix lauréats et un prix du public, mais pas vraiment de perdants puisque même les projets non retenus auront la possibilité d’être soutenus ponctuellement par le réseau du In.

Retour en quelques instantanés sur une quatrième édition du Go In où personne n’est donc resté sur le sable…

La plus lyrique

« J’avais fini ma chanson dans la nuit en bricolant un accompagnement instrumental, je ne pensais pas m’en sortir si bien ! » Et pourtant, Rose Diarrassouba a emporté l’adhésion du jury en donnant de sa voix de chanteuse pour raconter son projet artistique des « Déracinés, mille et une histoires pour raconter le vécu de celles et ceux, nombreux, qui ont fait grandir la Seine-Saint-Denis en quittant leurs pays. Un projet d’éducation populaire qui pourrait être déployé dans les écoles ou les collèges du 93 pour aider les plus jeunes à se nourrir du parcours de leurs parents. » En attendant, Rose a déjà donné le la, en chantant avec succès l’histoire de son père Khader parti d’Afrique vers l’Italie où la jeune femme est d’ailleurs née en 1998.

La plus rôdée

Parmi les candidats de ce Go In 2019, Olivia Kpeglo était sans doute la plus à l’aise des candidates. Et pour cause, elle avait déjà présenté son projet « Merci.oli » -une plateforme interactive de mise en relation entre cuisiniers professionnels pour se retrouver, échanger et progresser ensemble- sur le sable de la Sand Fabrik. « C’était dans le cadre du programme Entrepreneurs dans la ville. Donc, j’ai un peu mes repères sur le sable», souriait avant de se lancer la jeune femme également en vue en septembre dernier à la Cité Fertile de Pantin lors d’un pitch d’entrepreneuses organisé main dans la main par le In Seine-Saint-Denis et le festival Empow’her. Et, si son projet ne figure pas dans la sélection finale des lauréats, elle ne désespère pas : « Chaque pitch est une bonne expérience qui m’aide aussi à affiner mon projet. » D’ailleurs, gagnants ou perdants, tous les projets du Go In bénéficieront, à des degrés différents, d’un suivi par le réseau du In.

La plus « fashion»

Bureau d’étude pour la  revalorisation des défectueux et des invendus de l’industrie textile, l’Unique Façon de Lucie Mestre ne pouvait pas manquer de se distinguer aussi par son côté fashion : en l’occurrence un jean XXXL savamment retaillé et très bien porté par la trentenaire « autodidacte de la couture » qui compte s’appuyer sur la nouvelle loi anti-gaspillage qui interdira aux producteurs, distributeurs et sites de vente en ligne de jeter leurs textiles invendus pour « faire vivre de manière différente et surtout écoresponsable le savoir-faire textile qui existe déjà en Seine-Saint-Denis. »

Le plus persévérant

A 24 ans, Mohamed Soliman murit son projet de rollers à assistance électrique depuis déjà une douzaine d’années. Tout simplement parce que son prototype de rollers à assistance électrique est né d’un « rêve de gosse. J’avais douze ans, raconte ce Dionysien, quand j’ai vu surgir sur mon écran de télé ce personnage de manga monté sur rollers. Plus tard, je me suis rendu compte que ce type de rollers n’existait pas et je me suis dit que je n’allais pas attendre que quelqu’un les crée à ma place ! » Devenu ingénieur pour mener à bien son rêve d’enfant, Mohamed a séduit le jury du Go In en alliant sens de la persévérance et petit grain de folie qui lui permettront donc de bénéficier d’un accompagnement personnalisé au sein du réseau des ambassadeurs du In Seine-Saint-Denis. « Un projet qui incarne bien ce qu’est le concours du Go In à l’échelle d’un département jeune comme la Seine-Saint-Denis, estime le juré et rappeur d’Aulnay Sefyu. La démonstration, en fait, qu’avec avec de l’envie et des idées, on peut faire avancer les projets les plus fous… »

Le plus « enivrant »

Déjà ambassadeur du In, le brasseur Marc Périvier présentait sa « bière sans alcool, mais avec du goût contrairement aux bières de ce type. » Un projet déjà bien avancé qui a enivré son jury, sans même porter le verre aux lèvres, grâce à la force de conviction du créateur de la bière Saint-Ouen au moment de détailler les contours d’un procédé innovant fondé sur les techniques de la parfumerie « permettant de désalcooliser les bières les plus fortes sans leur faire perdre de leurs saveurs. »

Les plus habités

Pour présenter « La Baraque », un projet de maison de l’économie circulaire et solidaire à Saint-Ouen, ce trio d’audoniens avait décidé de pousser les portes et les murs encore imaginaires de son futur tiers-lieu devant les jurés du In. Un plan qui n’a pas tout à fait fonctionné puisque ce jeu de rôles n’a pas complètement convaincu les membres du jury. Pas grave, la Baraque n’est pas cassée puisque Marion, Éléonore et Allan comptent « bien continuer à avancer en tenant compte d’une première expérience qui nous a ouvert un réseau et nous a permis de confronter notre projet à différents regards extérieurs. »

Les plus bienveillants

A l’image de la vingtaine de jurés de cette 4e édition du Go In, Alhassane Diallo, co-fondateur de la Recyclerie de la Noue à Bagnolet et le rappeur Sefyu avaient décidé de jouer la carte de la bienveillance lors des pitchs des candidats. « Mon idée, c’était vraiment d’aider chacun des porteurs de projets à expliciter leurs choix, pas de les casser. Tous ne sont pas au même niveau d’avancement, donc les avis des experts du Go In peuvent les aider à avancer dans leurs intentions », expliquait le premier. Même écho du côté de l’auteur de l’album « Qui suis-je », un des classiques du rap français, commis en 2006 : « Ce qui compte avant tout, c’est de montrer de l’audace, de l’entrain, de l’envie. Le reste, le bagage technique, peut s’apprendre. J’en sais quelque chose parce que je suis un vrai autodidacte. Donc, comptez sur moi pour être bienveillant si vos projets sont construits avec ces qualités… »

Frédéric Haxo

Crédits photo: Bruno Lévy pour le In Seine-Saint-Denis

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